Travail en hauteur : les dispositifs de sécurité à prendre
Le Code du travail énonce les règles à suivre pour l’aménagement, la conception et l’utilisation d’équipements pour le travail en hauteur. Cependant, il existe des règles particulières conforment au secteur du BTP et à certaines catégories de travailleurs. En effet, le risque de chute de hauteur est visé par les dispositions générales du Code du travail. De ce fait, la prévention de différents accidents se traite selon les principes généraux de prévention. Alors, quels sont les équipements de travail et les dispositifs à mettre en place pour le travail en hauteur?
Sommaire
Zoom sur le travail en hauteur
Tout d’abord, un travail en hauteur s’effectue le plus souvent en chantier de BTP, où le service se fait à plus de quelques mètres du sol. Pour ce type de métier, une chute pourrait blesser n’importe quel travailleur. En effet, travailler à une hauteur de 4 mètres peut déjà être dangereux si la personne n’est pas munie d’un dispositif de sécurité adapté.
Ensuite, un travail en hauteur signifie :
-Un travail au-dessus du niveau du sol,
-Un travail où la personne qui l’éffectue est susceptible de tomber du bord d’une surface surélevée de quelques mètres comme un conteneur, une voiture, un étage, un arbre…
-Une hauteur conséquente à laquelletout travailleur pourrait tomber d’un niveau à un autre (le niveau du sol dans une ouverture pratiquée dans le plancher ou dans un trou, etc.)
Enfin, voici quelques exemples de travail hauteur :
-Dans le bâtiment : l’usage des plates-formes de travail telles que des échafaudages fixes ou roulants, des plates-formes élévatrices, des élévateurs à compas et une estrade.
-Etre sur des plates-formes de chargement d’un véhicule routier ou ferroviaire ou d’un conteneur ;
-Accéder le toit d’un camion ou d’un wagon-citerne, en haut d’un navire;
Utiliser des échelles ou marchepieds pour accéder à des navires, réservoirs, silos et cellules de stockage ; …
Les précautions d’un travail en hauteur
Le travail en hauteur requiert des précautions. Même si le travail est bien défini, les équipements collectifs et les EPI (équipements de protection individuelle) de sécurité sont toujours nécessaire. Les tâches nécessitant de travailler en hauteur doivent être effectuées en toute sécurité pour tous les travailleurs. Pour éviter toute blessure ou chute lors des travaux en hauteur, la clé consiste à réaliser une évaluation des risques, de manière à pouvoir prendre les bonnes mesures de précaution.
Les évaluations des risques et règles de sécurité du travailleur doivent être maintenues pour toutes les activités nécessitant des travaux en hauteur.
Prévention des chutes des travailleurs
Pour éviter la chute d’un travailleur, utiliser un poste de travail existant, déjà sécurisé tel qu’un poste équipé d’un garde-corps permanent ou d’un parapet sur son pourtour est primordial. Il faut penser à des éléments de l’installation ou de l’équipement doté d’un rail de sécurité permanent pour le travailleur.
Citons, à titre d’exemples, les échafaudages mobiles, les estrades, les plates-formes élévatrices et les élévateurs à compas, parce qu’ils sont tous dotés d’un garde-corps.
Lorsqu’on travaille sur le toit d’un camion ou wagon-citerne en utilisant l’accès prévu sur le véhicule, il faut toujours vérifier que:
-les garde-corps sur le toit ont été levés et sont sûrs ;
-l’échelle est sûre et que toutes les parties pliables ont été verrouillées ;
– s’assurer de porter des chaussures de sécurités appropriées. Il faut bien qu’en cas d’humidité, de gel ou de déversement, les surfaces métalliques peuvent être particulièrement glissantes.
Dans la mesure du possible, il ne faut pas utiliser des échelles ou marchepieds mobiles ou sans appui pour éviter toutes chutes.
L’échelle doit être de qualité professionnelle pour supporter le poids de la personne et de l’équipement.
Les échelles temporaires devraient être sécurisées sur le toit si possible ou maintenues à leur pied par un collègue.
L’échelle doit être positionnée de manière sûre et avec un angle correct (souvent indiqué sur le côté de l’échelle).
Si le fait de mettre en place des mesures pour prévenir les chutes est impossible, il faut essayer de limiter le risque en minimisant la hauteur, pour ainsi éviter de mauvaises conséquences.
Mettre en place une stratégie de sécurité et prévention pour les travailleurs
Il faut penser soigneusement à la façon dont le travailleur va porter l’équipement de sécurité. En effet, mettre en place une stratégie de sécurité requiert réflexion et prévention des risques.
En cas d’utilisation une échelle, chaque personne concernée doit toujours avoir trois points de contact avec celle-ci. En montant ou en descendant de l’échelle, elle doit avoir ses deux mains libres.
Lorsque l’accès se fait par une échelle, il faut trouver une manière sûre de porter des outils de prélèvement et conteneurs. Utiliser un sac à dos ou les soulever avec une corde une fois en sécurité sur une plateforme est également astucieux.
S’il est nécessaire de prélever votre échantillon sur une échelle au lieu de le faire sur une plateforme, prendre appui sur un genou ou appuyer votre dos sur l’échelle peut être une bonne technique. Toutefois, utiliser un harnais attaché à l’échelle serait plus approprié.
Minimiser les conséquences d’une chute
Pour pouvoir minimiser les conséquences d’une chute, il faut dans un premier temps les prévenir en empêchant toutes sortes de chutes. Puis, il faut recourir à des mesures, des formations qui ne feront qu’en atténuer ou en limiter les conséquences.
Les filets de sécurité sont un exemple de mesures de ce genre, parce qu’ils sont censés minimiser le risque de lésions en cas de chute.
Un harnais est un équipement antichute étant de nature à limiter les lésions. Toutefois, son port nécessite une technique d’installation (sa suspension à une corde avec des vérifications) et une formation spéciale.
Les mesures supplémentaires à prendre pour réduire le risque de chute
Lorsqu’une personne utilise un équipement destiné aux travaux en hauteur, il doit également s’assurer :
– de l’entretien des matériels;
– de la conformité aux normes européennes et internationales ;
– que les travailleurs ont suivi une formation à cet effet ;
– que les activités sont supervisées, afin de vérifier que les travailleurs soient en toute sécurité.
L’utilisation normale des échelles et marchepieds n’inclut aucune mesure destinée à prévenir les chutes ou à en minimiser les conséquences. Il faudra donc être en mesure de démontrer qu’il n’était pas raisonnable de choisir un autre équipement parce que la tâche est peu risquée et de courte durée.
Le cas d’un travail en hauteur en présence de surfaces fragiles
Le travail en hauteur peut comporter d’autres risques notamment à proximité de matériaux fragiles présents à l’endroit où le travail doit être effectué. Une surface fragile est susceptible de se rompre si quelqu’un y travaille ou tombe dessus. Parmi les exemples courants, citons les panneaux de toiture en fibrociment ou en amiante-ciment, ainsi que de nombreux lanterneaux, mais aussi les matériaux pontés dans les silos.
Il faut donc prendre des précautions en minimisant les conséquences d’une chute en ayant recours à des filets de sécurité, airbags ou dispositif antichute.
Travailler sur ou à proximité des surfaces fragiles reste à éviter si c’est possible.
Empêcher toute chute en ayant recours à des passerelles fixes avec garde-corps pour traverser un toit fragile en amiante-ciment ou à des plates-formes de travail adaptées dotées de balustrades lorsqu’une personne travaille sur ou à proximité d’une surface fragile
Les autres risques associés aux travaux en hauteur
Les surfaces glissantes comportent des risques de blessures. Il existe d’autres risques que les employeurs peuvent éviter pour les travailleurs. A savoir :
Risques de glissade : les surfaces peuvent comporter un danger supplémentaire du fait de la présence d’eau, de glace ou d’autres substances.
Les dispositifs d’accès peuvent rapprocher le travailleur de plafonds bas ou d’autres structures. Ainsi, la vérification avant l’utilisation d’un équipement reste obligtoire. Puis, il faut porter un équipement de protection de la tête.
Risques d’achoppement : des câbles, cordes ou autres éléments présentant un risque d’achoppement peuvent être fixés aux dispositifs d’accès.
L’électrocution est un risque à ne pas négliger. Les équipements EPI sont indispensables pour un électricien. Les dispositifs d’accès peuvent également rapprocher le travailleur de câbles suspendus. Les tours et autres équipements métalliques doivent être tenus à bonne distance de tous les câbles suspendus, quelle que soit leur tension ou leur utilisation.
Réglementation sur le travail en hauteur
La réglementation en vigueur pour les entreprises ne donne pas de définition du travail en hauteur. C’est à l’employeur de rechercher l’existence d’un risque de chute de hauteur lors de l’évaluation des risques. Le Code du travail précise les règles à suivre pour la conception, l’aménagement et l’utilisation des lieux de travail et pour la conception et l’utilisation d’équipements pour le travail en hauteur. Des règles particulières s’appliquent au secteur du BTP et à certaines catégories de travailleurs.
La réglementation spécifiquement applicable au travail en hauteur résulte essentiellement des dispositions prévues par le Code du travail. Le risque de chute de hauteur, comme tout autre risque auquel un travailleur peut être exposé dans le cadre de son activité, est visé par les dispositions générales du Code du travail. Sa prévention se traite selon les principes généraux de prévention (articles L. 4121-1 et suivants).
Concernant les travaux temporaires en hauteur
Le travail en hauteur peut être un travail temporaire. Les postes de travail et dispositifs de protection collective sont à mettre en place avec minutie pour éviter tout risque de blessure et chute dans le respect du code de travail pour les travailleurs. La sécurité reste primordiale.
Les travaux temporaires en hauteur doivent être réalisés à partir d’un plan de travail conçu, équipé ou installé de manière à préserver la santé et la sécurité des travailleurs et permettant également l’exécution des travaux dans des conditions ergonomiques (article R. 4323-58 du Code du travail).
La prévention des chutes de hauteur à partir d’un plan de travail peut être assurée par diverses protections collectives, soit par des garde-corps intégrés ou fixés de manière sûre, rigides et d’une résistance appropriée, soit par tout autre moyen assurant une sécurité équivalente (article R. 4323-59 du Code du travail).
Les dispositifs de protection collective doivent en outre être conçus et installés de manière à éviter leur interruption aux points d’accès aux postes de travail.
Toutes les mesures doivent être prises pour éviter que l’exécution d’un travail particulier conduise à l’enlèvement temporaire de dispositifs de protection collective pour éviter les chutes.
Les postes de travail pour la réalisation de travaux en hauteur doivent être accessibles en toute sécurité et la circulation en hauteur doit pouvoir s’effectuer en toute sécurité (article R. 4323-65 à R. 4323-67).
Équipements de protection individuelle (EPI)
L’employeur doit informer de manière appropriée les salariés qui doivent utiliser des EPI :
-des conditions d’utilisation,
-des risques contre lesquels l’équipement de protection individuelle les protège,
-des instructions ou consignes concernant les EPI et leurs conditions de mise à disposition,
-des particularités du site dans lequel ils auront à intervenir.
Le travailleur doit suivre une formation adéquate et spécifique à l’utilisation des EPI contre les chutes de hauteur. Cette formation comprend un entraînement au port de l’équipement et éventuellement une formation aux interventions de secours et de mise en sécurité. Ces formations doivent être renouvelées aussi souvent que nécessaire. Le salarié doit être à même de contrôler avant chaque intervention que les équipements sont en bon état et de s’assurer que les vérifications périodiques annuelles ont été effectuées (articles R. 4323-104 à R. 4323-106).
La vérification des équipements, une étape importante
Le travailleur doit suivre la mise en œuvre des mesures d’organisation dans le cadre de la politique de prévention de son entreprise pour maintenir tous les équipements en état de conformité. L’entre tien étant assuré par l’entreprise, y compris en cas de modification (article R. 4322-1 du Code du travail).
Le travailleur doit déceler en temps utile toute détérioration des moyens de protection susceptible de créer un danger pour que son employeur y porte remède (article R. 4322-2 du Code du travail).
En ce qui concerne les équipements utilisés pour le travail en hauteur, ces dispositions doivent être respectées avec beaucoup de rigueur compte tenu des risques associés à l’utilisation d’un équipement défectueux.
Pour conclure, le travail en hauteur comporte des risques que l’employeur ou l’entreprise peut pallier. En effet, par la prévention, la sécurisation ainsi que la formation sont importantes. Cependant, les équipements EPI doivent être fournis par l’employeur et les travailleurs doivent bien les respecter et les entretenir.

